Trois espèces, trois comportements
Le rat brun, ou surmulot, est le rat des égouts, des caves et des berges : d’après la Ville de Paris, il mesure 19 à 27 cm sans la queue et pèse environ 300 g. Il creuse des terriers au pied des murs et des haies, nage, et sort surtout la nuit. Le rat noir est plus fin, avec de grandes oreilles et une queue plus longue que le corps ; excellent grimpeur, il occupe les combles, les faux plafonds, les toitures et les arbres, d’où les bruits de course au-dessus des chambres. La souris domestique, petite et légère, vit à l’intérieur toute l’année, dans les cloisons, les arrière-cuisines et les placards, et se contente de très peu d’espace.
La vitesse de reproduction explique l’urgence : la femelle du rat brun est mature à 8 semaines et met bas 3 à 5 fois par an (Ville de Paris). Quelques semaines de retard transforment un couple en colonie.
Les indices qui tranchent
Les crottes sont le premier indice. Celles du rat brun sont grosses, en forme de capsule aux bouts arrondis, de l’ordre de deux centimètres, déposées en groupes ; celles du rat noir sont un peu plus fines et pointues, dispersées le long des passages ; celles de la souris sont minuscules, de quelques millimètres, noires et pointues, en très grand nombre. Fraîches, elles sont molles et luisantes ; sèches et grises, elles datent.
Viennent ensuite les traces de gras : les rats longent les murs et laissent des marques sombres à hauteur de leur flanc sur les plinthes, les tuyaux et les passages d’angle. Les grignotages se reconnaissent aux emballages ouverts, aux câbles entamés et aux bois rongés, avec des copeaux au pied. Un trou de terrier dans la terre près d’un mur, d’un composteur ou d’un abri signe le rat brun ; des bruits de course et de grattement la nuit dans le plafond, le rat noir ou le loir ; une odeur d’ammoniaque dans un placard, la souris.
- Crottes groupées de près de deux centimètres, terrier au pied d’un mur, animal vu près d’un point d’eau : rat brun
- Bruits nocturnes dans les combles ou le faux plafond, crottes fines le long des poutres : rat noir (ou loir, fouine)
- Crottes minuscules et nombreuses dans la cuisine, odeur dans les placards, emballages percés : souris
Ce qui les attire, et ce qui les retient
Un rongeur s’installe là où il trouve de l’eau, de la nourriture et un abri. Les collectivités qui luttent contre les rats le répètent : poubelles ouvertes ou sacs laissés dehors, nourriture pour chats laissée sur la terrasse, graines pour les oiseaux, robinet extérieur qui goutte, composteur ouvert, tas de bois ou encombrants le long d’un mur. Chaque accès supprimé réduit la population avant tout traitement : couvercles fermés, local poubelles nettoyé, nourriture rangée, grilles sur les aérations, joints sous les portes, passages de tuyaux rebouchés.
Un risque sanitaire réel, surtout dans l’eau
Les rongeurs transportent des parasites et transmettent, par leur urine, la leptospirose : la bactérie survit dans l’eau et la boue et entre par une plaie ou une muqueuse. Santé publique France recense 600 à 700 cas par an en France métropolitaine, et la maladie est à déclaration obligatoire depuis le 24 août 2023. Les personnes exposées sont les professionnels des réseaux et des déchets, les agriculteurs et les pratiquants de sports d’eau vive. Dans un logement, le risque est surtout celui des câbles rongés, des denrées souillées et des odeurs, mais il impose de ne jamais manipuler un rongeur mort à mains nues.
Agir : le bon dispositif au bon endroit
À Toulouse, la Ville traite l’espace public (réseaux, jardins, berges) avec des appâts en stations sécurisées et rappelle que les traitements préventifs à l’air libre sont interdits : on n’épand plus de raticide « au cas où ». Pour un signalement sur la voie publique, le Pôle Animal dans la ville répond au 05 61 22 23 43. Sur une propriété privée, c’est à l’occupant ou au propriétaire d’agir.
Chez un particulier comme dans un commerce, le traitement commence par le repérage des passages, puis par des dispositifs adaptés à l’espèce : stations d’appâtage sécurisées, ou pièges multi-capture sans raticide là où des enfants, des animaux ou des denrées sont présents. Le relevé des dispositifs à chaque passage et le colmatage des accès font la différence entre une capture et une dératisation. Notre fiche Rats et souris décrit le déroulement d’une intervention.
Article rédigé par l’équipe 3DTECH, dératisation, désinsectisation, dépigeonnage et désinfection à Toulouse, Castelnau-d’Estrétefonds et Montauban. Il informe et ne remplace pas un diagnostic sur place.



